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Théâtre
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Le Péché Originel...
Tout
commenca le jour où mon père m'emmena voir "Peur sur la Ville"
avec Jean-Paul Belmondo... Tout dans ce film m'était familier. Les tours
du Front de Seine, le métro aérien... Et le méchant, "Midas",
me terrifiait. Et lui, Belmondo, il montait sur le toit du métro, il
cassait les vitres des tours ! Les mêmes tours que je voyais chaque matin
quand ma mère me conduisait à l'école ! Et lui, Belmondo,
même pas mal ! En sortant du cinéma, je demandais à mon
père qu'est-ce qu'il faisait dans la vie ce Belmondo qui faisait tout
ce que j'avais envie de faire sans même oser y penser ? Mon père
me raconta qu'il était comédien. C'était son métier,
il était comédien et cascadeur...!
Quelque temps plus
tard, déjà aguerri, j'assistais à une représentation
de l'Avare par le Grenier de Toulouse au théâtre de l'Atelier.
Petit, bossu, méchant, teigneux, passioné, fou ! A la reprise,
après l'entr-acte, un homme grand, assez sévère mais chaleureux,
vint nous demander à moi et à tous mes copains du collège,
de vouloir bien cesser de jeter des boules de papiers sur la scène, que
le théâtre était un art majeur qui se respectait, qu'on
était pas devant la télé... Je me souviens encore de l'atmosphère
glaciale que cette intervention avait jetée. Mais quelle ne fut pas ma
surprise de constater que ce même homme, sensé, calme, doux, normal
quoi, revint sur la scène deux minutes plus tard, petit, bossu, méchant,
teigneux, passioné, fou...!
Il existait donc,
dans ce monde, deux espaces privilégiés : l'un, vertical à
image projetée et l'autre horizontal avec des gens en vrai. Deux
espaces où les limites n'existaient pas, où cette peur de ne
pas s'adapter au monde disparaissait, où jouer aux mousquetaires était
sérieux, où aligner des bourres-pif devenait un art...! Pas
la peine de chercher plus loin, ma voie était tracée : je serais
acteur !
C'est ainsi que
la joyeuse corporation des métiers de l'art et de la culture hérita
de ma personne. Depuis, j'ai fait mon bout de chemin jusqu'à recevoir
le Prix Daniel Sorano en 2002.
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La Mégère Apprivoisée
William Shakespeare
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La Mégère Apprivoisée
Rôle
: Petruchio (2001)
Mise en scène : Maurice Sarrazin
Créée
en 2001 au Sorano Théâtre, "La Mégère"
reçut plus de 22000 spectacteurs, déjouant ainsi toutes les statistiques
lui prédisant un avenir médiocre. Elle se jouait, en effet, sans
décor et très peu de costume, ce qui déplaisait beaucoup
aux grands prophètes du théâtre. Le fait est que nous étions
une troupe d'acteurs qui racontions tous la même histoire. |
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Oedipe
Sophocle
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Rôle : Oedipe (1989)
mise en scène Jean-Paul
Cathala
Rôle mythique
par excellence, Oedipe fut sans doute le spectacle le plus abouti auquel je
participais. J'avais 22 ans. Comme me diait Jean-Paul Cathala, c'était l'âge
réèl d'Oedipe au moment où la peste s'abat sur la ville
de Thèbes, au moment où il découvre sa véritable
identité. Il avait lui-même écrit le texte en français
avec le concours des professeurs de la faculté de Montpellier. Et il
m'a fait travailler, chercher tout au fond de moi les résonnances que
ce chef d'oeuvre recélait. J'ai sans doute appris plus sur moi-même
pendant les six mois de répétitions sous sa direction que pendant
tout le restant de ma vie. Je découvrais que j'avais eu une enfance,
qu'elle n'était pas bénine, qu'elle était là,
qu'elle avait fait ce que je suis devenu... A partir de là, le long
chemin pour la retrouver a commencé, il continue encore aujourd'hui. |
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Edmond la Vanille
Jean-Paul Cathala
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Rôle
: le Prisonnier, le Prologue (2000)
Mise en scène : Jean-Paul
Cathala
Mis
en scène par Jean-Paul Cathala. Celui-cil m'appelle un jour et
me dit : "Connais-tu Edmond Albius?" "Non" lui dis-je. "C'est
un esclave de la Réunion qui a découvert à l'age de 12
ans le moyen de féconder la vanille, manuellement, au nez et à
la barbe de tous les scientifiques. Il montra à tous les propriétaires
de l'île le simple geste qui permettait cette fécondation. Affranchi en 1848 par le décret
de Victor Shoelcher, il mourut comme il était né, dans une case,
ayant fait la fortune des îles françaises. Je pars à la
Réunion me documenter, j'écris la pièce, on répète
en janvier, tu joues le personnage qu'il croise en prison et je compte sur toi
pour la musique."
Une tragi-comédie
de tréteaux ! Tel était cet Edmond la Vanille qu'il avait écrit
et à propos duquel il savait tout ce qu'on peut savoir. S'en suivit
cinq années de tournées. |
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La Tempête
William Shakespeare |
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Rôle
: Ariel (1991)
Mise
en scène Mario Gonzalez
Drôle de
spectacle que celui-là... Deux ans après Oedipe, nous voilà
à monter La Tempête de Sir W. Shakespeare. Nous, comédiens
de campagne, nous voilà partageant le plateau avec le gratin du Conservatoire
National d'Art Dramatique de Paris. S'il vous plaît! Le plus drôle,
c'est que ce même conservatoire m'avait refusé quelques années
plutôt... Spectacle haut
en couleur, dans le cyclone et l'énergie de Mario Gonzalez, ça
riait, ça poussait, ça chantait et c'était bien. Il y
avait Jean-Paul Cathala dans Prospéro, Laurent Zizerman dans Caliban,
Jean-Michel Ropers, Sylvia Cordonnier, Guillaume Orsat et on s'entendait comme
larrons en foire. Moi je jouait Ariel, l'esprit de l'air... On
a joué au Printemps des Comédiens, au Festival d'Avignon, au Festival
de Sarlat, au Théâtre de la Tempête à Paris... |
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Le Monte-Plats
Harold Pinter
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Rôle
: Ben (1988 et 2002)
Mise
en scène : Lise Granvel
Les deux "Monte-Plats".
1988 : Maurice
Sarrazin, dans le cadre de son école de théâtre que
je fréquentais assiduement, loue la tranche horaire de 18 heures
au Théâtre Marie Stuart. A l'année! Cela servait à
présenter les spectacles des élèves! C'est à
dire nous! Le premier de ces spectacles fut Le Monte-Plats d'Harold Pinter
mis en scène par Lise Granvel qui était l'autre professeur
de l'école. On a joué tous les jours pendant quatre mois jusqu'au
début de janvier
1989. Mon partenaire était alors Olivier Rousset qui a joué
plus tard dans "Les Rivières Pourpres". On n'avait pas
tout à fait l'âge des rôles mais c'était pas grave
puisqu'on se régalait. En tout cas, chapeau monsieur Sarrazin et
merci.
2002 : En se
remémorant ce Monte-Plats d'il y a 14 ans avec Lise Granvel, on se
dit que tiens, pourquoi on ne le remonterait pas au Sorano Théâtre
à Toulouse. Accord de Sarrazin qui dirige le théâtre.
Et toc et paf, on remet ça. Mon nouveau partenaire est Olivier Jeanelle.
Je retrouve vite mes repères. Et décidement, la pièce
reste mystérieuse. (Pour dire la vérité, il y a des
passages que je n'ai toujours pas compris) |
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1988 2002
1988 2002 |
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Saint-Just
Jean-Claude Brisville |
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Rôle
: Danton (2005)
Mis en scène
par Bruno de Saint Riquier.
Sans aucun doute,
jouer Danton est un honneur avant d'être une gageure. A son rôle
d'abord exemplaire et capital dans l'avènement de la révolution,
succèda un comportement qui apparut plus ambigu aux yeux de ses contemporains.
Qu'importe. Il reste de Danton la chair et le corps, l'engagement et la voix.
Il est, à mon sens, un des rares rôles du théâtre
dont on interprète d'abord le personnage avant même d'interprèter
la pièce dans laquelle il apparaît.
Bruno de Saint
Riquier a signé là, une mise en scène toute en retenue
et en tension. Il a su mettre en valeur la machine infernale que Robespierre
puis Saint-Just, ont mise en oeuvre et qui finira par les broyer.
Il m'a donné
l'occasion de me frotter à ce Danton que je guettais, tapi dans les
coulisses des théâtres, depuis longtemps... Cerise sur le gâteau
: on le jouerait au théâtre Montensier de Versailles ! |
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En Attendant
Godot
Samuel Beckett |
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Rôle
: Pozzo (1994)
Mise en scène
: Mario Gonzalez
Après
le succès de La Tempête, l'idée m'est venue de parler
à Jean-Paul Cathala de monter Godot. Incontournable Godot dans une
vie de comédien. On ne monte pas Godot sans une distribution idéale,
sans un point de vue décapant sur l'oeuvre et dans la demi-mesure.
La distribution, on l'avait! Avec Jean-Paul Cathala dans Vladimir et Jean-Michel
Ropers dans Estragon, couple infernal à la scène. Le point de
vue dramaturgique qu'en avait Jean-Paul de resituer la pièce dans son
contexte historique pendant la seconde guerre et d'en faire une pièce
axée sur la résistance nettoyait fabuleusement l'oeuvre et la
démystifiait, rendant ainsi des personnages de chair et d'os ancrés
dans une situation bien réèlle d'occupation. Pour éviter
la demi-mesure, il y avait Mario Gonzalez à la mise en scène
et surtout à la direction d'acteur. C'était parti!
C'est à
l'occasion de la première de ce spectacle que j'ai eu mon plus grand
fou-rire de comédien avec la salle... irrépressible et inextinguible,
c'est dire! Tout ça, à cause de Cathala et Ropers qui menaient
un traffic pas possible. |
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L'Avare
Molière |
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Rôle
: Valère (2002)
Mise
en scène : Maurice Sarrazin
Avec
Maurice Sarrazin lui-même dans le rôle de l'Avare. Il a voulu
que le spectacle soit de facture classique. Il pense que cela rend Molière
aux acteurs et donc au public. La virtuosité de la langue "parlée",
la maîtrise des situations insensées, l'aboutissement du personnage
dans sa folie et tant d'autres choses encore. Molière pousse si loin
qu'aucun personnage de cette pièce ne contrôle son destin,
pas une seule décision prise par l'un ou l'autre n'aboutit, aucune
situation n'est créée par la volonté humaine. C'est
la rencontre de tous ces gens aux caractères forts et l'improbabilité
de leur relation qui agit sur eux. Molière pour un acteur français
c'est Mozart pour les musiciens.
Et
puis, il y a Maurice Sarrazin, lui-même dans le rôle de l'Avare,
et ça vaut le détour. |
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et
puis
mes débuts
que je livre
à votre appréciation...
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